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Ni la plaine de Caen où elle est née ni sa vie professionnelle à Madrid ne préparaient Paquita à devenir une marcheuse en montagne. A partir des années 80, les Alpes, les Pyrénées, la Corse et surtout l’Espagne servent de cadre aux longues marches solitaires qu’elle s’invente. Au fil des années, les notes pratiques et intimes s’accumulent dans ses dix-sept Carnets de Marche inédits. De ce long dialogue avec les choses, les gens et elle-même les Editions L’iroli ont extrait ce qui fait toute l’originalité de son expérience. Dès la première page, le lecteur se prend au jeu et découvre que l'aventure n'est pas forcément synonyme d'exotisme ; elle est proche, possible et magique. Chaque expérience vécue et exprimée avec bonheur est toujours unique et vraie.

 

 

"On me demande souvent si j’ai une arme quand je marche seule dans la montagne, un couteau - dans le style Rambo, sans doute, ou quelque chose pour me défendre. Quelle idée ! Très sincèrement, si la montagne n’était pas un refuge contre toutes les violences qui se pratiquent en bas, je préfèrerais mourir le plus vite possible. On m’a aussi demandé si je priais pour implorer je ne sais quel dieu tutélaire. Non, je ne prie pas. Ni à haute voix ni à voix basse. Aucune peur ne m’habite. C’est ce que j’appelle « avoir un imaginaire heureux ». Je suis une privilégiée".

 

                    Extraits :

 13 FACTEURS DE REUSSITE
 POUR LE TREK

1 - Un bon équipement.
2 - L'habitude de porter le même poids à chaque marche.
3 - Une excellente forme physique grâce à un entraîne- ment régulier.
4 - Pas de surpoids.
5 - Une grande résistance au froid nocturne.
6 - Une grande austérité alimentaire et un joyeux appétit quand l’occasion se présente.
7 - Une récupération rapide après tout repos.
8 - L'autonomie nocturne : je bivouaque où je veux et dors autant ou aussi peu que je veux.
9 - Le fait de marcher seule qui me permet tout arrêt fantaisiste et autres coups de cœur.
10 - L'étalement de la marche sur toute la journée avec un long repos au milieu.
11 - Une confiance absolue dans mon principe de base : « Un pas c’est un pas ».
12 - Une bonne concentration mentale et un imaginaire heureux.
13 - La capacité de jouir, sans réserves, de ces instants privilégiés.

 

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K comme treK

C’est le Trek sans intermédiaire ?
Oui, je suis ma propre agence. C’est moi qui décide du moment de l’année et de l’itinéraire.

Pourquoi la « moyenne montagne » ?
Parce que c’est une montagne où l'activité humaine est en harmonie avec l’environnement. Il y a encore des troupeaux de chèvres ou de moutons, des bergers avec leurs chiens, des cabanes... La vie d’autrefois continue dans certains villages et s’ils sont abandonnés c’est toujours une surprise émouvante de les découvrir.
J’ai aussi choisi la moyenne montagne pour des raisons techniques : je marche. Je n’escalade pas.

Comment naît la motivation ?
Pas d’autre motivation que la marche. Je ne marche ni pour oublier mes soucis ni pour maigrir ni même pour arriver. Je marche pour marcher, pour vivre des instants privilégiés dans un cadre privilégié. Quelquefois aussi pour retrouver les vieux chemins dont on me parle dans les villages.

Comment décide-t-on de l’itinéraire d’une marche ?
Le commentaire d’un autre marcheur, une visite dans une librairie spécialisée, un article me donnent des idées de marche.
Quelquefois, la sonorité d’un nom attire mon attention. J’ai longtemps rêvé autour du mot « Ancares ». Avec un nom pareil, la Sierra de los Ancares devait être merveilleuse. Elle l’est.
D’autres fois un panneau, à l’entrée d’une route qui va buter sur une chaîne de montagnes, me fait un petit clin d’œil.

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N comme Nourriture et boisson

L'eau

Comment peut-on transporter toute l’eau dont on a besoin ?
Impossible. Je bois celle que je trouve, il faudrait utiliser des pastilles pour la rendre potable. Je ne l’ai jamais fait. Je bois l’eau des torrents quand il n’y a ni villages ni bétail en amont.

En Espagne, de minuscules résurgences se forment parfois dans des trous de glaise. On s'agenouille pour boire à ras de terre cette eau délicieuse.

Dans les falaises calcaires du Nord de l’Espagne, les paysans m'ont appris à trouver des creux que l'eau remplit goutte à goutte. Je bois en aspirant l’eau. Ensuite, je passe la main dans le fond pour enlever le sable qui s'est accumulé dans le creux de la roche. Le marcheur suivant trouvera ce creux plein d’une eau limpide. Il boira et le laissera prêt à se remplir de nouveau.

 

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Passons à un autre aspect de la sécurité d’une marcheuse solitaire : le fait de marcher seule ne risque-t-il pas d’être interprété comme une invitation aux aventures avec une rencontre de passage ?

Non, je crois que le message que j’émets à ce sujet est clair.
Dans un bar andalou, j’ai surpris une conversation machiste à mon sujet. Un des clients, qui devait me connaître mieux, a coupé court en disant :
         - Il ne lui arrivera que ce qu’elle veut.
         - Exact ! et je ne veux RIEN !
Le chapitre était clos.

Comment démasquer les intentions galantes d’un homme envers une marcheuse solitaire ?
S’il est marié, il dit du mal de sa femme.
S’il est veuf il ne tarit pas d’éloges sur feu la sienne.

Aucune proposition ?
Si, on m’a proposé quelques « estampes japonaises » version champêtre. On m'a fait aussi une proposition sans équivoque quoique non dénuée de poésie. J’ai gentiment décliné.

Donc pas de harcèlement sexuel ?
Non, jamais.

Les gens font-ils des confidences sur leur vie sexuelle ?
Oui aussi bien les hommes que les femmes. Ce sont toujours des histoires tragiques voire cruelles où l’homme n’a pas le beau rôle. Tout un chapitre ethnologique d’humanité féminine souffrante.

Les attitudes machistes sont-elles quand même en déclin ?
Oui, si je compare mon expérience et les histoires qu’on m’a racontées. Mais il en reste quelque chose dans l’imaginaire des gens.Ceux qui se préoccupent de ma sécurité m’ont souvent dit que mes marches solitaires auraient été impensables, dix années plus tôt... Une époque où je marchais déjà.

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Caractéristiques

Parution : septembre 2005 - Réédition mai 2006
Format : 17,0 x 21,0 cm - 346 g - 192 pages
ISBN 2-9521846-2-3
16 Euros.

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