Les articles sur "J'ai tutoyé des assassins"
France-Soir, 5 mai 2009
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Hubert Grall, ancien détenu et écrivain
"Je ris quand on parle de réinsertion"
Propos recueillis par Guillaume Rameaux
Après deux passages en prison, Hubert Grall a choisi de raconter son expérience dans un livre, J'ai tutoyé des assassins.
Quand avez-vous été emprisonné? J'ai été condamné une première fois à trois ans de prison ferme en 1991, pour « coups et blessures après un différend familial qui a mal tourné. J'ai passé vingt et un mois à la prison de Varces-Grenoble et y ai fini ma peine à celle de Joux-la-Ville (Yonne). J'ai connu les plus grandes difficultés à me réinsérer. J'avais réussi un concours à!' ANPE, j'ai suivi six mois de formation et j' ai finalement été licencié à cause de mon casier judiciaire. Après avoir passé plusieurs mois au RMI avec trois enfants à charge, j'ai été recontacté par un ami que j'avais rencontré en prison. Avec les problèmes financiers que j'avais, j'ai fini par l'aider dans ses affaires. J'ai transporté de la marchandise volée, ce qui m'a valu d'être de nouveau incarcéré pendant dix mois au centre de détention de Valenciennes. Maintenant je ris quand j'entends les politiciens parler de réinsertion.
Quelles étaient vos conditions de détention? J'ai partagé une cellule individuelle avec deux autres détenus dont l'un dormait sur un matelas posé à même le sol. J'ai cohabité avec quelqu'un qui avait tué sa femme ou un autre qui avait étranglé sa mère. La promiscuité dans le milieu carcéral pose vraiment problème et les détenus règlent régulièrement leurs comptes dans la cour. Et encore, j'étais dans un petit établissement. J'ai également passé quelques jours à la prison Saint-Paul de Lyon. Ils ont bien fait de la fermer (lire notre édition du lundi 4 mai 2009), car les conditions de vie y étaient tout simplement horribles, avec des vitres cassées et des toilettes constamment bouchées.
Que pensez-vous de la mobilisation des surveillants de prison? Je comprends les revendications du personnel pénitentiaire. Ils font un travail difficile. Ils sont confrontés à une population de plus en plus jeune et non éduquée et ils manquent cruellement d'effectifs. |
Oise Hebdo du 9 novembre 2008
Dédicace à l'Univers du livre
Hubert Grall signe son livre "J'ai tutoyé des
assassins"
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Ce qui est surprenant lorsque l'on rencontre Hubert Grall, c'est à quel point il est différent en tout point de ce que l'on peut imaginer d'un ancien "taulard". Et ça tombe bien, car avec son livre J'ai tutoyé des assassins, ce retraité entend bousculer les idées reçues que les gens peuvent avoir sur le milieu carcéral. Pourtant, ce désir n'est pas à l'origine du livre: Quand je suis sorti de prison, j'ai eu envie d'expliquer aux gens (et d'abord à mes proches) comment ça se passait là-bas et ce que j'avais vécu. Hubert Grall est passé d'une démarche pédagogique à quelque chose de différent: le premier manuscrit qu'il rédige est énorme et refusé par plusieurs gros éditeurs. Devant ces refus, l'auteur se décourage, se pose des questions et finit par abandonner le projet. Puis, le temps aidant, il se replonge dedans et cherche à le remanier sous forme de nouvelles pour le rendre plus attractif, le présentant comme une sorte d'ouvrage "anti-idées reçues". D'une certaine manière, ce livre représente aussi une façon de tourner la page: C'est une façon de réfléchir sur ce que j'avais vécu et de l'expliquer aux autres. L'avantage du travail d'écriture, qui est un long travail, est qu'il permet la réflexion. L'écriture permet de revenir en arrière, de reformuler certaines choses... COMPRENDRE POURQUOI En plus de cette fonction libératrice, l'ouvrage a permis à l'auteur de creuser dans la nature humaine: J'ai rencontré des personnalités hors du commun. Quand on côtoie des gens qui ont, à un moment donné, "pété un câble" et étranglé leur femme par exemple, c'est très intéressant de comprendre pourquoi et comment ils en sont arrivés là. |
Et peut-être, d'une certaine manière, comprendre par extension comment lui-même a pu se retrouver en prison, à plus de 55 ans ? Car, avant d'être incarcéré, Hubert Grall menait une vie tout à fait "classique" et, comme il le dit le sourire aux lèvres: Je n'avais pas prévu la prison dans mon plan de carrière. Mais un jour, en famille, il dérape et blesse quelqu'un. Jugé coupable de coups et blessures, il est condamné à 3 ans de prison ferme. Il commence sa peine à la maison d'arrêt de Grenoble, puis rejoint le centre de détention d'Auxerre, avant d'être libéré au bout de 21 mois. Presque deux années passées dans des cellules avec des compagnons venant de tous horizons, enfermés pour tous types de délits. VAINCRE LES PRÉJUGÉS Grâce à cette expérience, Hubert Grall livre un témoignage criant de vérité et raconte le quotidien des prisonniers. Et, contrairement à ce que l'on peut croire, ce ne sont pas des prisons 3 étoiles. Par exemple, il n'y a pas la télé ou alors c'est très cher, c'est à dire environ 200 francs par mois à l'époque. Les conditions de vie sont très difficiles. Vu la surpopulation carcérale, il arrive qu'on soit quatre dans une cellule prévue pour une personne. Hubert Grall raconte, par exemple, les toilettes dans la cellule qui ne sont pas isolées du reste de la pièce. Il raconte aussi que les gardiens l'emmenaient à la douche deux fois par semaine, ce qu'il trouve anormal: Quand on m'a condamné, je n'ai pas été condamné à ne plus me laver! |
UNE RÉINSERTION DIFFICILE Enfin, au bout de 21 mois, Hubert Grall sort. Et la réinsertion n'a pas été simple. Malgré son niveau de qualification et son expérience professionnelle, les employeurs ne veulent pas embaucher l'ancien détenu. Il finit par passer un en concours organisé par l'ANPE pour les cadres de plus de qu 55ans. Comme il remplit les conditions, il passe le concours et obtient le poste. Il suit une formation pendant 6 mois, puis se commence à travailler. Alors qu'il pense enfin être tiré d'affaire, il est convoqué par son employeur qui a mis la main se sur son casier: c'en est fini du travail et Hubert Grall est licencié. Sans travail, il ne touche plus que le RMI et survit plus qu'il ne vit. Ayant gardé ou quelques contacts avec des amis rencontrés en prison, il rend des services pas toujours légaux. Mais l'un de ses amis se fait démasquer et Hubert Grall est incarcéré une deuxième fois à Valenciennes pour escroquerie et recel. Aujourd'hui, l'ancien détenu dit avoir coupé les ponts avec toutes les personnes rencontrées en prison, pour ne plus avoir de problème. Quand à ses revenus, il parvient à vivre avec sa retraite, qu'il peut aujourd'hui toucher. CONSEILS DE SURVIE Au travers de son livre, Hubert Grall donne aussi quelques cours pour survivre en prison. C'est un milieu qu'il vaut mieux éviter mais une fois qu'on y est, il faut tout faire pour s'en tirer le mieux possible. Comment? C'est simple, d'après Hubert Grall: Il faut se montrer fort, ne pas pleurnicher, ne pas se laisser faire. Et surtout essayer de trouver des solidarités, de s'entraider, de se créer des réseaux. Ce qui est saisissant lorsque l'on discute avec Hubert Grall, c'est à quel point l'écouter est passionnant. Comme un père ou un grand-père, cet homme est de ceux que l'on respecte, comme un vieux sage qui pourrait tout nous apprendre. Perrine VERSCHELDEM
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L'iroli, une maison d'édition picarde
Créée en mai 2005, L'iroli fait partie de la quinzaine de maisons d'éditions existant en Picardie. La particularité de L'iroli est de ne pas publier uniquement des auteurs picards. La maison compte aujourd'hui 17 titres dans son catalogue, dont "J'ai tutoyé des assassins". Comme nous l'explique isabel Asúnsolo, éditrice, nous nous concentrons sur les récits d'expériences, les nouvelles mais aussi le haïku, une sorte de poème japonais qui cherche à décrire les choses que l'on perçoit par les sens. Le point commun entre ces trois types d'œuvre est la prise avec la vie, avec le réel. |
Oise Hebdo du 22 octobre 2008
L'auteur en dédicaces à l'Univers du Livre
Hubert Grall raconte sa détention
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Hubert Grall dédicacera son ivre «J'ai tutoyé des assassins» (paru aux éditions L'iroli) ce samedi 25 octobre à partir de 14h à l'Univers du Livre. Les lecteurs auront l'occasion de découvrir un auteur singulier au parcours à la fois riche et chaotique. Derrière les traits de cet homme de 72 ans se cache un écrivain dont les tourments et les dérives sont devenus un livre choc. L'intéressé y raconte son passage derrière les barreaux de différentes prisons françaises au cours des années 90, à la suite de dérapages intervenus dans une existence plutôt calme : Mon père était colonel et m'avait prédit, à 14 ans que je finirais sur l'échafaud!, raconte-t-il. Je n'en suis pas passé loin! J'avais pourtant commencé, à 18 ans, par intégrer l'école des mécaniciens de l'Armée de l'Air à Rochefort. J'ai fait sept ans dans l'aviation dont deux en Algérie. Après, je me suis marié et je suis allé à la fac. Je suis devenu fonctionnaire avant de reprendre des études littéraires. J'ai passé un concours de Jeunesse et Sport pour devenir directeur de Maison des Jeunes et de la Culture. Je me suis recyclé en photographe de presse en quittant les MJC au bout de treize ans d'animation culturelle. Et puis un jour, à 55 ans, j'ai "pété un câble" et je me suis retrouvé en prison pour coups et blessures. Et là, j'ai retrouvé des loulous qui fréquentaient ma MJC et qui ont bien facilité mon intégration en me faisant une bonne réputation! Hubert Grall passera plus de deux années (entre 1991 et 1993) en prison et sera notamment détenu à Varces près de Grenoble, là où un détenu fut assassiné le mois dernier par un tireur situé à l'extérieur. Mais c'est véritablement son deuxième séjour qui se révèle marquant : Après ma sortie, j'ai eu du mal à me relancer. J'étais dans un foyer pour clochards et toxicos. Je ne m'en sortais pas. J'ai replongé bêtement en faisant du recel pour des connaissances qui réalisaient des cambriolages. J'ai fait dix mois de préventive, notamment à Valenciennes, où j'ai croisé de "vrais durs". |
Dès sa sortie, Hubert Grall décide de coucher sur le papier tout ce qu'il a connu, vu et entendu. Il rédige ainsi un manuscrit volumineux, à la fois autobiographique et pédagogique: Les gens se font beaucoup d'idées sur la prison, beaucoup de préjugés. On pense qu'il s'agit de prisons trois étoiles, où l'on fait du sport, où l'on étudie, où l'on regarde la télé ... mais ce n'est pas le cas. Peu de détenus ont accès à cela. Ils se trouvent dans des prisons vétustes et surchargées, quant à la télé, il faut la payer, et cher 1 Même chose pour améliorer l'ordinaire. Quant à l'inactivité, elle est pesante et source de conflits. IL SE DÉCOUVRE UNE FILLE ET UN PETIT-FILS Le manuscrit d'Hubert Grall, destiné à ouvrir les yeux du public sur les conditions de détention, mais aussi pour dévoiler aux délinquants ce qu'ils sont susceptibles de connaître s'ils ne regagnent pas le droit chemin, est tout d'abord refusé par plusieurs maisons d'édition : Suite à ces refus, je l'ai laissé en sommeil durant un an. Puis je l'ai repris, remanié en enlevant les parties trop didactiques ou explicatives. Je l'ai transmis à isabel Asúnsolo de L'iroli. J'avais vu sur internet que sa maison d'édition cherchait des récits d'expérience. J'ai tenté ma chance en envoyant des nouvelles. Nous avons commencé à communiquer sur mon manuscrit et L'iroli m'a suggéré des "coupes" sur des sujets qui faisaient double emploi. Une nouvelle version a été proposée et c'est celle-ci qui a été publiée en début d'année. Une version efficace, puisque l'ouvrage se lit d'une traite en donnant au lecteur le sentiment d'être lui aussi entre quatre murs et de partager le quotidien des taulards: Comme je l'ai dit, mon récit regroupe les expériences de deux incarcérations : la première à Grenoble et à Joux la Ville, la deuxième à la maison d'arrêt de Valenciennes. Pour ce séjour, j'avais de l'expérience, et je m'en suis servi au maximum. C'est dans cette taule que j'ai cohabité avec des assassins et rendu service aux autres détenus en qualité d'écrivain public et "d'avocat marron" commis d'office. Tout ce que je raconte est authentique, j'ai changé tous les noms mais c'est du brut de décoffrage... |
Hubert Grall, en compagnie de deux "fans", lors d'une précédente séance de dédicaces, à Limoges. Suite à la parution de ce premier ouvrage, Hubert Grall a participé à quelques séances de dédicaces, lesquelles lui ont permis de faire des découvertes surprenantes : J'ai eu quelques contacts avec des gens qui voulaient adapter le livre au théâtre. Mais j'ai surtout pu reprendre contact avec des personnes qui avaient traversé ma vie, notamment une ancienne compagne. Mais c'est l'appel d'une jeune fille qui a été le plus fort. Elle m'a dit qu'elle appelait de la part de son grand-père que j'avais bien connu au début des années 70. Nous avons discuté et j'ai finalement découvert que ... j'étais le père de cette jeune femme, Sarah, née en 1973. J'avais fréquenté sa mère qui avait fugué lorsqu'elle était tombée enceinte. Elle avait ensuite coupé touts les ponts et je n'avais plus eu de nouvelles. Je me doutais que j'avais peut-être un enfant, mais là je me retrouve avec une fille de 34 ans et je suis aussi grand père d'un petit garçon de 2 ans. C'est un vrai bonheur. Hubert n'en a, par ailleurs, pas terminé avec l'écriture. Il travaille actuellement sur un recueil de nouvelles déjà baptisé "Petites crapuleries ordinaires». C'est un livre qui s'inspire de faits divers réels. J'y a, ajouté de l'humour noir pour 16 rendre plus fort. Ce manuscrit est dépourvu de l'émotionnel autobiographique. La publication de ''J'ai tutoyé des assassins" était une façon de tourne, la page sur une période noire Il est temps de passer à autre chose. Les lecteurs qui ont envie d'en savoir plus sur le personnage, ou qui souhaitent tout simplement acquérir son livre pourront le retrouver samedi prochain et évoquer ce par cours inhabituel, de l'ombre à la lumière... S.C. |
Le Populaire du Centre, 08 mai, Hubert Grall en "une" :
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Hubert Grall en "Une" :
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et Hubert dans l'article ci-dessous
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Avec "J'ai tutoyé des assassins", Hubert Grall raconte ses expériences en prison |
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Hubert Grall vient de publier un livre sur ses années en prison. Un récit pédagogique sur les codétenus et la vie dans le milieu carcéral. "J'ai tutoyé des assassins": c'est le titre de l'ouvrage publié récemment par Hubert Grall. Ce Limougeaud d'adoption s'est retrouvé deux fois sous les verrous. La première à la suite d'une affaire familiale, où il a été condamné pour «coups et blessures». La deuxième pour avoir «cédé à des sollicitations d'ordre alimentaire». «Malheur aux "pointeurs". Ils ne participent pas aux activités communes» Son livre est d'abord l'histoire de rencontres avec ses codétenus: le Sri-Lankais accusé d'être un passeur de clandestins, l'étrangleur qui a tué sa mère, le magicien qui transforme les billets... Hubert Grall est tour à tour psychologue, écrivain public, garde-malade et même brièvement bibliothécaire. C'est aussi un parcours dans la prison, de la cellule à la promenade, en passant par la "cantine" (sorte de boutique). Le livre se veut un "guide" du prisonnier : « Avant de s'installer, ne pas lésiner sur la Javel ! » |
Hubert Grall voulait en effet d'abord faire un ouvrage pédagogique. L'auteur donne une sociologie de la prison. Ainsi, la vie carcérale a ses règles. Malheur aux tueurs d'enfants ou « pointeurs » (violeurs): « ils ne participent pas aux activités communes sous peine de se faire écharper ». L'auteur pointe du doigt ce qui ne va pas dans les prisons: surpopulation carcérale, trafic de drogue... Il en a d'ailleurs souffert. "Le plus dur est d'abord de se retrouver enfermé 24 heures sur 24. Ensuite la promiscuité dans les cellules. Enfin le contact avec les autres. Il faut faire attention à ce qu'on dit". Quant à l'avenir du prisonnier, l'auteur n'est guère plus optimiste: « la réinsertion, c'est du pipeau ». Malgré tout, la prison lui a permis, quand il était seul en prison, de « bosser l'anglais ». Et à Joux-la-Ville, il s'est occupé du journal interne. Benoît Morin BIO L'auteur. Né à Dijon d'un père militaire, Hubert Grall a d'abord été mécanicien de l'armée de l'air, puis technicien de laboratoire, il est devenu directeur de maison de jeunesse et de la culture. Il y a un an, il s'est installé à Limoges où sa fille étudie le droit. |
La Voix du Nord, 3 mai
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Un livre libre qui raconte la prison (de Valenciennes) vue de l'intérieur
Étonnant personnage que cet Hubert Grall qui vient de commettre un livre surprenant où il raconte la vie carcérale de l'intérieur au travers de portraits de compagnons de cellule. L'homme, un peu par hasard, était passé par Valenciennes.
Installé à Limoges, Hubert Grall profite aujourd'hui de sa retraite (au sens propre comme au figuré) pour coucher sur le papier des souvenirs de deux passages derrière les barreaux. Vingt et un mois partagés entre les prisons de Grenoble et Joux-la-Ville, puis un nouveau séjour de dix mois (en préventive) à Valenciennes. Coups et blessures d'abord, puis complicité d'escroquerie. Rien pourtant ne prédestinait Hubert Grall à noircir un jour la rubrique « faits divers» des journaux. Aviateur pendant la guerre d'Algérie, un peu d'Éducation nationale, treize ans de MJC, une reconversion dans la photo. Mais une affaire familiale le fait basculer un jour de l'autre côté du miroir de la société ... Avec une plume faconde, incisive comme un surin, Hubert Grall nous raconte dans J'ai tutoyé des assassins ces tranches de vie de paumés, de tueurs, de dealers, d'escrocs, de clandestins, de trafiquants qu'il a un jour croisés dans une cellule. À Valenciennes, il a notamment cohabité quelque temps avec Marcel, ce papy qui avait littéralement pété les plombs en abattant sa femme avant de vider des chargeurs sur les pompiers et les policiers. Il y a aussi l'histoire de ce magicien zaïrois qui multipliait les euros ou ce jeune beur un peu simplet pour qui l'ADN ne pouvait être une preuve. Ce bouquin qui se lit d'un trait est un voyage au fond des âmes, rempli de récits qui parlent d'un monde que, finalement, on ne peut comprendre que de l'intérieur. Ça tombe bien, Hubert Grall en a les clés. FRANCIS THUILLIEZ
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La Nouvelle République, avril 2008
"J'ai tutoyé des assassins"
un récit vécu d'Hubert Grall
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Entre passage à l'Éducation nationale, direction d'une MJC pendant 13 ans, journalisme et photographie, la vie professionnelle d'Hubert Grall a été mouvementée. Elle sera de plus entrecoupée par deux séjours en prison. Suite à une querelle familiale qui s'est terminée dans le sang, il sera condamné à trois ans de prison pour coups et blessures. Libéré au bout de vingt et un mois, ayant tout perdu, il vit dans un foyer, aux côtés de clochards et de toxicos. Un an après, il rencontre une veuve avec trois enfants. La famille recomposée quitte Grenoble et vient s'installer dans la région d'Aigurande. Après une tentative de réinsertion ratée pour Hubert Grall à cause de son casier judiciaire, la famille vivote plusieurs années jusqu'au jour où il cède à la tentation et donne des coups de main occasionnels à un ancien compagnon de détention. Ce qui lui vaudra, quelques années plus tard, une arrestation et dix mois de détention préventive à Valenciennes. Pendant ces trente et un mois d'incarcération en deux épisodes, Hubert Grall a vécu pas mal de péripéties plus ou moins dramatiques et rencontré des gens hors norme dont il a tiré un livre. "J'ai tutoyé des assassins" brosse une série de portraits de taulards atypiques où les protagonistes parlent à cœur ouvert des circonstances de leur dérapage vers le crime. D'autres récits relatent les rencontres de l'auteur pendant les promenades quotidiennes, il y côtoie une pléiade d'individus plus déjantés ou dangereux les uns que les autres. |
André Berger. |
Bakchich.info www.bakchich.info/article3225.html
| Le danger des récits bien écrits et bien construits sur la prison, c’est qu’ils me donnent envie d’être incarcéré. Rien que pour l’aventure, rien que pour avoir l’impression de vivre. Comme les bons romans noirs, ils servent de miroir. Ils me renvoient à ma condition presque vide d’électeur socialiste, ou pire, d’ami de militants du Modem.
J’ai tutoyé des assassins, d’Hubert Grall échappe à la règle. Ce petit livre ne nous donne pas envie d’aller en zonzon. Non pas parce qu’il est mal écrit ou mal construit, au contraire. Parce qu’il ose le choix simple d’être touchant et surtout humain, oui, dans le mal aussi. On y croise toutes sortes de gens. Jean qui vient d’étrangler sa mère, Marcel qui a fait exploser son épouse d’un coup de carabine, mais aussi des gens moins violents comme un Zaïrois capable de multiplier les euros, un Sri Lankais innocent, un rebeu qui n’a pas inventé l’eau chaude et encore moins compris l’efficacité des prélèvements ADN.
Tout un monde où le triste, le petit, le mesquin, croisent des erreurs, des douleurs et plus rarement des joies. Une écriture presque scolaire, studieuse et efficace décrit une communauté humaine avec ses pâtes pas cuites, ou plus désagréable encore, trop cuites. Ici les couvertures sont trop fines, il fait froid. Certains détenus sont bêtes à buter du pointeur. Il reste la gentillesse perdue dans des violences inhumaines gratuites, stupides.
Hubert Grall, qui fut lui-même détenu, trouve les mots pour parler de cette humanité et plus particulièrement d’une certaine gentillesse. Ses chapitres pourraient être autant de nouvelles, de portraits, de lettres à sa compagne, à ses enfants. Mais c’est un livre et c’est pour nous tous. À lire comme le cadeau d’un ami retrouvé qui aurait passé quelques mois à l’ombre.
Bertrand Rothé |
L'écho du Limousin, avril 2008
| Case prison
Hubert Grall qui demeure à Limoges nous fait part dans «J'ai tutoyé des assassins» de ses expériences carcérales pendant lesquelles il a consigné des anecdotes qui sentent bon l'authenticité du vécu et de ses rencontres avec des personnages hors du commun. En ressort la vision marginale d'un univers que nous n'appréhendons pas.
L'OUVRAGE d'Hubert Grall se divise en deux parties bien distinctes. Tout d'abord une série de portraits de prisonniers atypiques qui parlent à cœur ouvert des circonstances de leur dérapage à l'auteur, lui-même délinquant occasionnel qui leur sert à la fois d'écrivain public -ce qui facilite les confidences- et d'avocat marron commis d'office. C'est l'objet de «J'ai tutoyé des assassins» qui en une vingtaine de chapitres, nous fait partager la vie de détenus avec les moments sombres et tragiques mais également ceux, pleins de drôlerie et d'humour, où l'inattendu surgit au détour des coursives, véritable soupape de sécurité permettant de ne pas devenir cinglé, sorte d'échappatoire nécessaire pour oublier la promiscuité avec des individus souvent déjantés et parfois dangereux. Ensuite par le biais d'une douzaine d'historiettes, "Les Contes des Mille et une Taules", l'auteur nous dévoile différents aspects de la vie carcérale, et fort de ses expériences dans deux maisons d'arrêt, à Grenoble et à Joux-la-Ville, où il a purgé des peines résultant d'une querelle familiale qui avait tourné au drame, il nous décrit les vicissitudes de la taule dans un style direct où l'humour fort heureusement, rend supportable, malgré tout, l'infinie désespérance des situations vécues par des détenus multirécidivistes. Tour à tour sinistres, comiques voire poétiques et empreints de ce charme mystérieux né de l'Inconnu et de l'Indicible, ces "Contes" font partie de la Quête de Grall qui bien au-delà le fictif et l'imaginaire, tient à nous préciser que tout ce qu'il raconte est authentique et que s'il a changé les noms des protagonistes pour des raisons évidentes, tout est bien brut de décoffrage. Jacques Devaux
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La Nouvelle République, avril 2008
Une matinée dédicace à la Maison de la presse
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Samedi matin, c'était séance dédicaces à la Maison de la presse où Gisèle Fleury accueillait deux auteurs. La Castraise Solange Dalot était là pour son livre «Marie des poules, Marie Caillaud chez George Sand». Un ouvrage, qui relate le parcours d'une fille de paysans de Nohant, dans l'entourage de George Sand, particulièrement intelligente. Le livre publié aux éditions Alan Sutton, est sorti en 2007. Hubert Grall, qui a participé dernièrement au Salon du livre de Limoges, a connu la prison après une querelle familiale qui a tourné au drame. Enfermé dans plusieurs maisons d'arrêt, il a recueilli les confidences de nombreux détenus dont il a tiré un livre «J'ai tutoyé des assassins», publié par les éditions L'Iroli. Jean-Luc Petitjean |
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Info Limoges d'avril 2008
Lire à Limoges
Si c'était le Tour de France, il seraient les régionaux de l'étape! Depuis longtemps, chacun sait que le Limousin est une terre d'écriture et ces auteurs, qui seront au Salon du Livre de Limoges, continuent à porter le flambeau, aidés par des éditeurs régionaux courageux...
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J'ai tutoyé des assassins L'auteur, délinquant occasionnel qui sous des apparences BCBG est loin d'être un saint, a connu la prison par hasard pour une querelle familiale qui a tourné au drame. Enfermé dans plusieurs Maisons d'Arrêt, ces grandes machines à prélaver le crime, il a vécu chacun de ces épisodes en observateur impliqué. Une sorte "d'ethnologue" un peu distrait qui se serait gouré de destination mais aurait décidé, contraint et forcé, de changer son sujet d'étude. Consignant les péripéties de ses tribulations, il en résulte une série d'épisodes et de contes, qui fleure bon l'authenticité du |
vécu. Loin de pleurnicher sur son sort, il en a tiré des récits sombres et réjouissants. Sombres parce que les confidences qui lui sont faites sont parfois terribles, mais réjouissants parce que l'humour, la drôlerie et l'inattendu surgissent au détour des coursives. Confidences facilitées par son rôle d'écrivain public, "d'avocat" et de traducteur en charabia judiciaire, coopté par les plus démunis de la cour des miracles. J'ai tutoyé des assassins suivi de Les Contes des mille-et-une taules, plus un succulent "lexique" par Hubert Grall, Editions L'iroli, 207 pages, 14€. |
L'Observateur du 28 mars 2008
Les deux petits derniers des éditions L'iroli
Les éditions beauvaisiennes L'Iroli sortent deux nouveaux livres: «Tordu» et «J'ai tutoyé des assassins» ce 28 mars
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Créées en 2005 par isabel Asúnsolo, les éditions L'Iroli poursuivent leur petit bonhomme de chemin avec déjà une dizaine de parutions à leur actif. Le livre le plus vendu, «Je marche seule» de Françoise Jaussaud, est aujourd'hui en train de poursuivre une belle carrière en Espagne. Fort de ces succès, L'Iroli sort ce 28 mars ses deux petits derniers: «Tordu» d'Eric Gilberh et «J'ai tutoyé des assassins» d'Hubert Grall. Éric Gilberh n'est pas un inconnu puisqu'il avait déjà signé chez L'Iroli «Les perce-oreilles». Il revient donc avec une nouvelle collection d'histoires sombres et fantastiques «qui plaisent particulièrement aux hommes» remarque Claire Boissy, chargée de la promotion et de la diffusion des deux livres. Une vision inhabituelle des prisons Quant à Hubert Grall, il égrène dans «J'ai tutoyé des assassins» ses souvenirs de détention entre Valencienne et Limoges. «Il s'agit d'un récit original, sous forme d'anecdotes qui sont parfois très courtes, parfois longues d'une quinzaine de pages, et qui donnent une vision inhabituelle de la vie à l'intérieur |
d'une prison. Il mêle l'argot des prisons et celui du Nord. C'est un livre touchant qui ne fait jamais dans le misérabilisme», défend Claire Boissy, séduite par ce livre «qui sort des sentiers battus». Les deux livres seront en vente dès ce 28 mars à L'Univers du Livre et à la librairie Traverses de Beauvais. En parallèle des récits et nouvelles, la maison d'éditions s'est également spécialisée dans la publication de haïkus et, après le recueil «Le bleu du martin-pêcheur», isabel Asúnsolo a en projet un nouveau recueil et une anthologie de haïkus sur les enfants. |
Le festival de la micronouvelle aura lieu les 21 et 22 juin L'Iroli édite également tous les ans le recueil des textes du concours de la micronouvelle organisé par l'association Lirécrire, intimement liée aux éditions L'Iroli. Cette année, le thème en était «quelqu'un trouve un billet». Cent soixante-quinze personnes de différents pays d'Europe, du Liban, du Québec... ont participé à ce concours et vingt-deux d'entre elles ont été retenues. S'ajoutent à ces vingt-deux textes, d'une à trois histoires sélectionnées parmi les textes des lycéens de la région. Les prix seront remis les 21 et 22 juin lors du festival de la micronouvelle à Plouy Saint-Lucien. Lirécrire organise par ailleurs des rencontres d'écriture mensuelles (le dernier jeudi de chaque mois) au Nota Bene, le café littéraire du théâtre du Beauvaisis. Et Claire Boissy lit certains des textes présentés lors de ces rencontres ainsi que des nouvelles des concours précédents sur Radio Mercure trois fois par semaine: le dimanche à 16h30, le mardi à 19 heures et le jeudi à 11h30. L'occasion de faire connaissance avec des plumes nouvelles et encore inconnues ... PATRICIA HAUTE-POTTIER
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Le Courrier Picard du 28 mars 2008
Les éditions L'iroli publient deux nouveaux ouvrages
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L'Iroli, la petite maison d'édition beauvaisienne vient de faire paraître deux nouveaux ouvrages, disponibles dès aujourd'hui: Tordu et j'ai tutoyé des assassins. Deux ouvrages qui sont très différents mais à l'image de la ligne éditoriale que la maison s'est fixée: du récit et des nouvelles. Tordu, le premier, est un recueil de nouvelles écrites par Éric Gilberh. C'est le deuxième ouvrage que le jeune homme, âgé de 29 ans et originaire de Dordogne, publie avec L'iroli. Son premier recueil, Les Perce-Oreille, est sorti il y a un peu plus de deux ans. Dans ce nouvel ouvrage, le jeune auteur, installé depuis peu à Paris, s'essaye à la nouvelle fantastique avec candeur et bonheur. À travers onze
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courts récits, Éric Gilberh donne quelques frissons à ses lecteurs.
Par contre, ceux qui parcourent le dos des lecteurs d'Hubert Grall sont différents. On est là dans de l'authentique, du vécu. J'ai tutoyé des assassins regroupe "les expériences de deux incarcérations: la première à Grenoble et à Joux-la- Ville, la deuxième à la maison d'arrêt de Valenciennes". |
Dans un langage cru, sans artifice, à la faveur d'une retraite qui lui offre le temps de raconter son expérience, l'auteur, qui fut engagé dans la guerre d'Algérie, personnel de l'Éducation nationale et directeur d'une Maison des jeunes et de la culture, raconte son expérience de détenu, les petits trafics quotidiens, les relations entre détenus et avec les gardiens de prison. Il nous offre ce regard de l'intérieur qui fait parfois défaut lorsqu'on aborde la question de la détention en France. Ces ouvrages sont disponibles dès aujourd'hui et viennent compléter la gamme proposée par cette maison d'édition, dirigée par isabel Asúnsolo. Ils seront notamment disponibles à l'Univers du livre et à la librairie Traverses, rue Desgroux.
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Oise Hebdo du 26 mars 2008
Les éditions L'iroli varient les plaisirs et les sujets
Des contes "fantastiques" à l'univers des prisons
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Vendredi 28 mars le catalogue des éditions L'iroli s'enrichira de deux nouvelles publications. La petite maison d'édition beauvaisienne proposera en effet aux lecteurs deux ouvrages originaux, toujours dans ses genres favoris: le recueil de nouvelles et le récit d'expérience. Depuis la sortie de ses premiers livres, l'éditeur privilégie en effet ces deux approches de la littérature qui ne trouvent pas forcément place ailleurs: La nouvelle et le récit d'expérience sont pourtant extrêmement riches, explique la fondatrice des éditions L'iroli, isabel Asúnsolo. Ces deux genres donnent une grande liberté aux auteurs et cela se ressent dans les écrits. Ils permettent de se plonger rapidement dans une histoire et d'avoir plusieurs entrées de lecture. C'est très agréable. Pour les deux nouveaux livres du catalogue de l'éditeur, celui-ci a fait confiance à un écrivain qu'il connaît bien, Eric Gilberh. En revanche, pour le second, L'iroli a fait le pari de proposer l'ouvrage d'un inconnu avec un passé très chargé. Le récit qu'il présente est en effet celui d'un ancien "taulard" racontant tout ce qu'il a vécu derrière les barreaux. Captivant et dur à la fois: C'est aussi le but d'une maison d'édition de faire découvrir des textes qui ne sont pas formatés et qui proposent des regards différents sur des situations ou des existences. Avec le livre d'Hubert Grall, nous entrons dans ce domaine. Lorsque je suis tombée sur le manuscrit, j'en suis tout de suite tombée amoureuse. C'est un beau livre. Comme à chaque fois, isabel Asúnsolo a cherché à soigner les couvertures de ses ouvrages, afin de permettre aux lecteurs d'avoir plaisir à prendre en main «l'objet livre». Plus longs que les précédents titres sortis chez L'iroli, ces deux ouvrages ont été respectivement tirés à 500 et 750 exemplaires. • Tordu (171 pages, 14 euros), d'Eric Gilberh L'auteur avait eu le privilège, il y a presque trois ans) d'être l'un des premiers à être publié par les éditions L'iroli. Son recueil de nouvelles "Les Perce-Oreilles" avait été remarqué et le style, à la fois riche et dépouillé, du jeune homme, âgé de 29 ans, a incité isabel Asúnsolo a lui faire une nouvelle fois confiance: Eric est un auteur dont l'imagination est débordante. Pour ce nouveau recueil, c'était même trop. Il s'est lancé dans un univers fantastique qui lui a donné beaucoup d'idées. |
Il a donc rédigé de nombreux textes, sans être en mesure de pouvoir faire des choix au final sur ceux qui allaient faire partie du recueil et ceux qui devaient être écartés. C'était donc assez difficile de le raisonner et de lui demander de faire des choix. Il y a eu quelques flottements, mais je préfère cela. C'est bien de pouvoir travailler avec un auteur qui défend ses textes, ses projets, ses idées et qui y met de la passion. La sélection des textes ayant pris un peu plus de temps que prévu, le recueil de nouvelles (qui devait sortir à l'origine au mois d'octobre dernier) a donc été décalé de six mois. Ce qui n'a pas empêché Eric Gilberh de revenir à la charge à plusieurs reprises avec de nouvelles histoires: Les sujets Fantastique ne manquent pas et Eric avait de nombreuses idées. Mais nous n'avons gardé que les textes qui avaient une véritable originalité. Satisfaite du résultat et des onze histoires proposées (une rencontre dans un purgatoire, un boxeur adultère, des accidentés têtus, un terrain de golf trop bien entretenu ... ), l'éditrice évoque le livre avec un sourire "diabolique" : Vous embarquerez dans les onze histoires de Tordu comme on embarque, un dimanche soir pluvieux, dans le wagon de tête du train fantôme ... Les lecteurs tentés par cette expérience n'ont donc plus qu'à se précipiter chez le libraire ... • J'ai tutoyé des assassins (205 pages, 14 euros), d'Hubert Grall Le précédent récit d'expérience publié par les éditions L'iroli était également le tout premier livre de l'éditeur de Plouy-Saint-Lucien. "Je marche seule", de Françoise Jaussaud, a connu un joli succès d'estime (plus de mille exemplaires vendus), au point d'être traduit en espagnol. Cette fois, L'iroli change de registre. Finies les randonnées et les bols d'air, l'éditeur a donné la parole à un ancien détenu pour servir de guide dans les méandres glauques des prisons. Hubert Grall, installé à Limoges, est entré en contact avec l'éditeur il y a quelques mois et son récit a tout de suite frappé isabel Asúnsolo: Il se dégageait une telle force, une telle noirceur et une telle envie de s'en sortir de ce livre, qu'il était impossible de passer à côté. |
Loin de livrer une fiction, l'auteur dévoile ce qu'il a vécu durant quatre années dans les prisons françaises. Militaire durant la guerre d'Algérie, Hubert Grall a ensuite connu un retour à la vie civile sans véritable but. Il tâte de divers métiers, que ce soit au sein de l'Éducation nationale ou en tant qu'animateur culturel. À la tête d'une MJC de Grenoble durant plusieurs années, il tente ensuite de s'orienter vers la photo ... mais se retrouve derrière les barreaux. En tant "qu'ancien", il devient vite un repère pour les autres détenus: Mon récit regroupe les expériences de deux incarcérations: la première à Grenoble et à Joux-la-Ville, la deuxième à la maison d'arrêt de Valenciennes, explique l'auteur en quatrième de couverture de son ouvrage. Pour ce séjour, j'avais de l'expérience, et je m'en suis servi au maximum. C'est dans cette taule que j'ai cohabité avec des assassins et rendu service aux autres détenus en qualité d'écrivain public et "d'avocat marron" commis d'office. Tout ce que je raconte est authentique. J'ai changé tous les noms, mais c'est du brut de décoffrage... C'est dans cet univers particulier, fermé et étouffant, où Hubert Grall nous propose de nous plonger, dans le but de nous faire découvrir une réalité qui n'est pas forcément celle que l'on imagine. Les rencontres et confidences des détenus rythment ce récit semblable à un roman où tous les sentiments s'entrechoquent: haine, amitié, désespoir, crainte ... Afin que le lecteur comprenne bien ce qu'il écrit, Hubert Grall a même souhaité glisser un lexique à la fin de son livre, mélangeant des expressions comme "parloir fantôme" ou "gamelleurs" à des mots arabes. À découvrir au plus vite...
S.C.
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