INTERVIEW DE PAUL DE MARICOURT
i.A. - Pourquoi l'écriture de Haïkus ? Ecris-tu autre chose ?
Paul - J'écris des haïkus, parce que j'ai viscéralement besoin de me raccrocher à la terre, à l'instant, au concret...
J'ai publié deux recueils de poésie "lyrique" avant de découvrir le haïku, il y a quelques années. Je m'essoufflais, j'arrivais sans doute au bout d'un processus, le haïku a pris le relais.
J'ai aussi édité trois romans et je continue à écrire dans ce genre, qui me permet de laisser libre court à mon imaginaire. C'est pour moi indispensable et très complémentaire du haïku.
Comment vient l'inspiration ? Quel rythme d'écriture est le tien ?
Petit à petit, je délaisse les haïkus "de fiction" pour me concentrer sur l'instant présent : terrasse d'un café, métro, aire de jeux... la grande scène de la vie. L'ici et maintenant ; une jeune femme qui traverse sous la pluie, son chien dans les bras... Le partout et de tout temps ; mon enfant qui me tend sa dent de lait...
Quel rythme ? Un rythme saccadé, certains jours un flot de 8 ou 10 textes, et plus rien pendant une semaine. Un non-rythme.
Que t'apporte le Haïku ? Sa place dans ta vie de tous les jours...
De plus en plus, le haïku me calme en me forçant à me concentrer, sur "ce qui est", sur l'émotion que provoque en moi "ce qui est"... sur certains souvenirs, aussi, et la façon dont je cherche à les restituer.
J'ai parfois la naïveté de croire que le haïku me désintellectualise. D'autres fois, à l'inverse, je me dis qu'il est jeu. Une forme d'imitation de la vie saisissante.
Lire les haïkus de bons auteurs m'apaise tout autant que d'en écrire... mais là aussi, le roman garde sa place en moi. En fin de compte, réel ou fiction, haïku ou roman, un vrai auteur a "ses univers".
Pourquoi publier des livres (et ne pas se limiter à internet, héhé) ?
Par amour de l'objet livre, par besoin qu'un autre - l'éditeur - "valide" ma production, par envie de laisser une trace (mais l'escargot aussi en laisse une !), par mimétisme (au moins quatre générations de Maricourt ont écrit avant moi), par orgueil.
Tu devrais poser la même question à Buson et Issa...
Paul, donne-moi cinq mots qui te plaisent/inspirent commençant par "P".
Un matin de paix, mon fils Pierre savourait une poire sur un pont, lorsque... ploc !...
septembre 2008
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