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Interview de nos Auteurs

 

INTERVIEW DE DAMIEN GABRIELS

 

i.A. - Pourquoi l'écriture de Haïkus ? Ecris-tu autre chose ?

Damien - Je répondrais en guise de boutade (mais pas tant que cela…) : parce que je ne sais pas écrire autre chose ! Et d’ailleurs, je n’écris que cela… Quand j’ai découvert le haïku, cette forme de poésie s’est rapidement (et mystérieusement ?) imposée à moi ; j’ai trouvé immédiatement par cette forme et ce genre le moyen de traduire ce que j’avais envie d’exprimer depuis quelque temps : les petites émotions du quotidien et du « banal », les moments d’émerveillement, de surprise, d’observation… Finalement, je crois que c’est plus le haïku qui s’est imposé à moi, comme une évidence, que moi qui ai choisi le haïku.

 

Comment vient l'inspiration ? Quel rythme d'écriture est le tien ?

L’inspiration vient d’une attention la plus active possible à ce qui m’entoure ; j’essaie d’être le plus perméable possible, par tous les sens, à mon environnement. Ce qui ne veux pas dire que cela déclenche immédiatement l’écriture de haïkus. C’est plutôt au calme, quand je suis seul (à mon bureau, en marchant, en courant, en voiture…) que je me remémore ce que j’ai pu ressentir ou observer pour tenter de le mettre en haïku. Parfois le haïku me vient sur l’observation, mais c’est assez rare ; j’ai très souvent besoin de recul et de travailler et de retravailler mes textes.

Mon rythme d’écriture est très variable : il est quotidien pendant les vacances ou le week-end ; il est souvent plus espacé en période d’activité « normale » ("contrainte"), le temps étant compté et l’esprit accaparé par d‘autres sujets…

 

Que t'apporte le Haïku ? Sa place dans ta vie de tous les jours...

La pratique du haïku m’amène à porter plus d’attention au monde proche, et notamment aux petites choses, aux petits évènements de notre quotidien. Tant de choses à côté desquelles j’ai l’impression que je passais avant sans les voir (ou sans les relever). Et puis la mise en mots de ces émotions est toujours une expérience, presque un jeu, parfois difficile mais très stimulant. Réussir à trouver les mots les plus justes, leur agencement adéquat, une sonorité agréable… à traduire au plus près la perception initiale : c’est à chaque fois un défi et un plaisir. Mais il n’y a pas que l’écriture. La lecture de haïkus est également très importante pour moi ; elle constitue une bouffée d’air, une ouverture sur d’autres horizons, et parfois d’autres sources d’inspiration… Si je n’écris pas toujours de haïkus quotidiennement, j’en lis par contre quelques uns tous les jours, et j’aurais de la difficulté à m’en passer !

 

Pourquoi publier des livres (et ne pas se limiter à internet, héhé) ?

Le livre reste pour moi le support par excellence de l’écrit : j’ai beaucoup de difficulté à me concentrer longtemps sur un écran d’ordinateur, contrairement à la page d’un livre. Je crois avoir en outre un attachement « physique » et sentimental à l’objet livre ; je suis sensible à son poids, à la texture des pages, au format, au fait que l’on puisse le glisser dans une poche ou dans un sac et l’emporter partout… Je crois que la publication d’un livre est pour moi, outre la réalisation d’un rêve d’enfant, le moyen de donner de la cohérence à mon écriture en réunissant en recueil des textes sur un même thème ou une même ambiance. C’est aussi bien sûr le souhait de partager mes haïkus par le biais d’un support aisément transmissible et qui permet de « conserver trace » et de développer un projet en échangeant avec d’autres (éditeur ou illustrateur par exemple). Sans doute les haïkus circulent-ils plus largement et plus loin via Internet, mais le livre reste pour moi incontournable et irremplaçable, que ce soit comme auteur que comme lecteur. J’aime m’imaginer le lecteur d’un de mes recueils y picorer quelques haïkus à l’heure de la sieste et s’assoupir en y pensant, un ordinateur m’apparaissant beaucoup moins bien adapté à ce moment privilégié…

 

Damien, donne-moi cinq mots qui te plaisent/inspirent commençant par "D".

Douceur (quoi mieux et de plus indispensable ?...)

Dedans / Dehors (car l'inspiration est partout)

Ducasse (un mot du nord qui sent l'enfance, la fête, la barbe à papa et la pomme d'amour)

Différent (accepter la (les) différence(s) + avoir un regard différent, décalé, sur les choses... notamment pour écrire du haïku)

Donner (car le haïku, c'est donner : donner à voir, à (re)sentir, à rêver, à réfléchir,...)

 

En guise de clin d'oeil par rapport à ta dernière question, un anagraïku (?) avec uniquement les lettres de mon prénom (à l'accent près ..) :

Damien démina,

mendia (médian)

demain : médina

septembre 2008

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